L’ASBL Talented Youth Network organise des formations pour les jeunes issus de quartiers populaires. Le but? Leur donner les clés pour faire face au marché de l’emploi. 

Le monde professionnel peut être sans pitié pour les jeunes. Encore plus quand on s’appelle Mohammed et que l’on vient de Molenbeek. Dans les quartiers fragilisés, la jeunesse se sent parfois désarmée face aux exigences des employeurs. L’ASBL Talented Youth Network (TYN) l’a bien compris, et a décidé de réagir en promouvant l’éducation.

Tout commence en 2012. Quatre jeunes musulmans remarquent que les communes populaires comptent relativement peu de mouvements citoyens en faveur de l’intégration des populations immigrées. Le temps libre dont disposent les adolescents est utilisé à mauvais escient. « Ces jeunes sont en manque de repères. Ils ont du mal à se projeter dans l’avenir. Ils ont besoin de modèles auxquels s’identifier  » explique Abdelhak Chenouili, l’un des fondateurs de TYN.

Des formations variées 

Envieux d’entrainer cette jeunesse fragilisée dans leur réussite, Abdelhak et ses camarades fondent l’ASBL TYN en mettant en place un système de formation extrascolaire axé sur le développement dans la diversité.

Ainsi, tous les samedis matins, des conférences sont proposées à un public âgé de 15 à 25 ans. Les thèmes sont pour le moins variés: entreprenariat, communication, gestion du temps mais aussi théâtre ou projets sociaux. Les formateurs sont des professionnels du métier. Ils partagent leurs conseils et leur expérience. L’occasion pour l’audience de se créer un carnet d’adresses. « Avoir des contacts facilite grandement les choses dans le monde du travail » insiste Abdelhak Chenouili.

Plus qu’un dispositif d’insertion professionnelle, les formations sont aussi un éducation à la citoyenneté. Le côté entrepreneurial est intimement lié à un volet plus social. « Les participants ont par exemple dû créer un événement pour que des SDF puissent prendre une douche. Ils ont aussi été rendre visite à des personnes âgées, dans une maison de repos » détaille Hajar Boulaich, chargée de communication.

Une effusion de solidarité

Durant tous les modules de formation, les jeunes élèves sont encadrés par une équipe de bénévoles de culture arabo-musulmane. Il est en effet plus facile pour les adolescents de s’identifier à des personnes qui leur ressemblent sur le plan culturel. Même si l’ASBL est ouverte à tout type de public, Hajar Boulaich reconnait le côté communautaire de la mobilisation bénévole. « La communauté musulmane est très représentée dans les quartiers précarisés, avec les problèmes éducatifs qui en découlent. Les jeunes qui ont réussi ont envie que cela change, d’où cette effusion de manifestations de solidarité telles que TYN ».  L’image d’une communauté musulmane inactive face à l’actualité qui entâche sa réputation s’en retrouve bien ébranlée. Les jeunes sont plus que jamais déterminés à se bouger pour offrir un  avenir meilleur aux générations futures.

Sophie Mergen

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